Dans l’émission Le Dictionnaire politique de Tsiéléka TV, le journaliste Ngolali Brony Fortunat affirmait que le Burkina Faso , » pays en proie à la menace djihadiste, avait réussi à développer un robot » . Il a par ailleurs rajouté que ce même pays avait « lancé une grande entreprise de production locale des boissons, et a réussi à mettre sur pied d’autres entreprises locales depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré ». Des propos tenus dans le cadre d’un débat sur la crise socio-économique actuelle du Congo, justifiée par les conflits socio-politiques du passé. Sa déclaration, relayée sur Facebook (111 likes, 16 commentaires, 5 partages), relance un débat national : les excuses historiques tiennent- elles encore face aux réalités d’autres pays ?
Vérification
L’analyse des faits montre que les exemples cités par Ngolali Brony sont vérifiables. Son argumentation repose sur des données publiques, notamment concernant le Burkina Faso, pays confronté à une insécurité persistante mais engagé dans une dynamique industrielle.
Fact-Check Congo a contacté Brony Fortunat Ngolali pour savoir s’il confirmait l’affirmation selon laquelle le Burkina aurait développé un robot.
» C’était un lapsus, je voulais parler de programmer un robot , et non de développer un robot« , a-t-il précisé à Fact-Check Congo.
Une précision qui lève l’équivoque sur son affirmation première, sachant que le Burkina Faso n’a pas developpé de robot humanoïde , mais il a été conçu et produit en Chine par l’entreprise chinoise Unitree. Toutefois, ce sont des ingénieurs burkinabés qui l’ont programmé et calibré son fonctionnement pour diverses tâches, et l’ont présenté au public le 18 novembre dernier lors de la 20 ème édition de la Semaine du numérique à Ouagadougou.
Burkina Faso : des projets industriels avérés malgré la guerre
S’agissant de l’industrialisation du Burkina Faso malgré la guerre, Fact-Check Congo a fait des recherches sur Google qui ont confirmé ces affirmations.
Ces articles des média en ligne Lefaso.net et Sika Finance confirment que l’ancienne brasserie, SN BRAFASO, restée fermée 20 ans, a été modernisée pour 17 milliards FCFA, et inaugurée le 25 novembre 2025 en présence du Capitaine Ibrahim Traoré.
Une source contactée par Fact-Check Congo et basée au Burkina, ayant requise l’anonymat, nous a confirmé, qu’en » terme d’usines, le capitaine Ibrahim Traoré a créé plusieurs usines depuis qu’il est là, par le mécanisme de l’actionnariat populaire, notamment des usines de transformation de la tomate en pâte ».
Les recherches de Fact-Check Congo ont montré une usine de transformation de tomate située à Bobo- Dioulasso, deuxième ville du pays, et une seconde usine de transformation de tomate a été inaugurée à Yako, en décembre 2024.
Des projets qui s’inscrivent dans une stratégie d’industrialisation et d’actionnariat populaire, en dépit du contexte sécuritaire difficile.
Autres comparaisons évoquées
Le journaliste a évoqué par ailleurs d’autres pays comme le Mali, encore fragilisé par l’insécurité, mais qui poursuit des politiques de stabilisation et de développement, ainsi que l’Haïti, pays en crise chronique, parvenu malgré tout à se qualifier pour la Coupe du monde, démontrant ainsi un symbole fort de résilience collective.
Contexte
L’intervention de Brony Fortunat Ngolali intervient au lendemain du message sur l’état de la Nation du 28 novembre 2025, où le président Denis Sassou N’Guesso a dressé un tableau général de la situation du pays. Sur ce plateau, le journaliste a déclaré, je cite: » Le Congo ne peut plus continuer à s’abriter derrière les conflits du passé. D’autres pays vivent des situations plus graves et avancent pourtant.« , fin de citation.
Une comparaison qui ravive un questionnement présent au sein de l’opinion publique, et portant sur les difficultés du pays, en paix, à transformer cette stabilité en progrès socioéconomique.
Conclusion
Les affirmations de Ngolali Brony Fortunat reposent sur des faits vérifiables.
Oui, plusieurs pays en guerre comme le Burkina Faso enregistrent de véritables avancées industrielles.
Oui, le Congo ne vit plus de crise sécuritaire comparable au Burkina Faso, ou encore au Mali ou à Haïti.
Non, le Burkina Faso n’a pas développé de robot humanoïde, mais plutôt en a programmé un.















