Le 13 mai à Brazzaville, en République du Congo, une cinquantaine de jeunes élèves sourds ont été sensibilisés aux dangers de la désinformation à travers une exposition photographique dénommée « Voir pour vrai ». Cette initiative a été organisée dans le cadre du projet StopLokuta par Initiative Stop Désinfo (ISD), Journalisme Ethique Congo et Fact-Check Congo.
Au Congo, les personnes vivant avec une déficience auditive sont souvent reléguées au second plan dans la lutte contre les fausses informations, alors que celles-ci touchent toutes les catégories de la population. Une situation que l’ISD a voulu changer à travers des tableaux de l’artiste dessinatrice Jussie Nsana, qui mettent en garde contre les contenus que nous lisons et partageons sur Internet.
« Le message, c’est de faire attention aux informations qui circulent parfois sur Facebook ou TikTok, où l’on crée des dessins ou des contenus sans même que la personne concernée soit au courant », a expliqué Jussie Nsana.
À travers ses œuvres, l’artiste illustre les conséquences des fausses informations. L’un des tableaux montre par exemple une influenceuse découvrant sur Internet l’annonce de sa propre mort alors qu’elle se trouve tranquillement chez elle.
Au-delà de la sensibilisation contre les fausses informations, les organisateurs expliquent que cette exposition vise également à développer l’esprit critique chez ces jeunes.
« Le but, c’est de leur faire comprendre les enjeux de la désinformation et de faire d’eux des relais auprès d’autres élèves afin qu’ils puissent à leur tour comprendre les dangers liés aux fausses informations. Nous invitons chacun à développer un regard plus critique sur les informations que nous voyons et lisons, car certaines sont remplies de mensonges », a expliqué Laura Tchicaya, chargée de projet à l’ISD.
De leur côté, ces jeunes, souvent confrontés à des difficultés de communication, ont beaucoup apprécié cette initiative. Certains ont reconnu avoir déjà partagé de fausses informations par ignorance.
« Je regrette beaucoup d’avoir envoyé des informations sur la guerre au Congo. C’était une mauvaise information et je le regrette. J’avais trompé les gens en partageant cela. Maintenant, je ferai attention avant de publier », a confié l’élève Kizingou Owen.
Pour un autre élève, Ngoma Rodney, cette initiative est importante, car elle l’a aidé à mieux comprendre les dangers des fausses informations et à ne plus en avoir peur.
Cette exposition intervient dans un contexte où l’accès à l’information pour les personnes vivant avec une déficience auditive demeure un véritable défi en République du Congo. En effet, certaines informations importantes ne sont pas toujours traduites en langue des signes ou sous-titrées lors des journaux télévisés, des émissions ou des annonces publiques, augmentant ainsi le risque pour ces personnes d’être moins bien informées.











