Un communiqué circule actuellement sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp, prétendant que les pays de l’Alliance des États du Sahel se retirent du FCFA, « une monnaie coloniale » qui a constitué un « instrument de domination et de pillage économique ». Selon ce communiqué, les pays de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) prévoient de mettre en circulation « très bientôt leur monnaie commune, véritable instrument de libération économique ».Réaction officielle
La Présidence du Burkina Faso a réagi en affirmant que ce communiqué est un faux. Sur sa page Facebook, elle attire l’attention des abonnés sur les fausses informations.Contexte
Il est certes vrai que les trois pays de l’AES ont multiplié les déclarations politiques sur la souveraineté monétaire, mais à ce jour, aucun acte légal exécutoire n’annonce la création d’une nouvelle monnaie ni la sortie de l’UEMOA/BCEAO. (1)
Dans un entretien publié par Jeune Afrique le 29 aout dernier, le gouverneur de la BCEAO Jean-Claude Kassi Brou avait d’ailleurs affirmé « n’avoir reçu aucune demande des États de l’AES dans ce sens ».
On peut donc affirmer que ce communiqué conjoint est faux, car toute évolution réelle de la situation dans ce sens laisserait des traces officielles et ferait l’objet d’une large couverture institutionnelle.
Conclusion
Le “communiqué conjoint” annonçant la sortie immédiate du franc CFA par l’AES est faux.
Il n’est publié par aucun canal institutionnel, il a été démenti par les autorités burkinabè, et il contredit l’état des lieux officiel (BCEAO/UEMOA). À ce stade, aucune décision juridiquement opposable n’établit la création d’une monnaie AES ou un retrait du franc CFA.













