Depuis quelques jours, des publications largement partagées sur Facebook, WhatsApp et Tik-Tok (1, 2, 3, 4, 5, 6) affirment que le Burkina Faso a interdit l’importation des perruques, notamment les perruques artificielles ou importées de l’étranger. Selon ces messages, cette interdiction viserait à » protéger les valeurs culturelles burkinabè « , à « limiter certaines influences étrangères » et à « valoriser les coiffures traditionnelles et modernes africaines. » L’information est fausse.
Une autre version affirme quant à elle , que si l’importation des perruques n’est pas interdite au Burkina, c’est son usage qui a été interdit au corps juridique à savoir les magistrats. Ce qui est également faux.
Vérification
Pour vérifier cette affirmation, nous avons saisi les mots-clés « interdiction d’importation des
perruques au Burkina Faso » dans le moteur de recherche Google. Aucun média crédible, national ou international, n’a publié une information allant dans ce sens.
Fact-Check Congo a aussi recherché l’existence d’un décret, d’un arrêté ministériel ou d’un
communiqué officiel émanant des autorités burkinabè, notamment du gouvernement, des Douanes ou du ministère du Commerce . Aucune information faisant état d’interdiction de perruques au Burkina Faso. « Aucune décision officielle n’interdit, à ce jour, l’importation des perruques au Burkina Faso« , a dit à Fact-Check Congo, une source au ministère du Commerce qui a requis l’anonymat.
Contexte
Dans un arrêté conjoint en date du 6 mars 2025, le ministère de l’enseignement de base et celui en charge de l’enseignement secondaire ont annoncé la règlementation de la coiffure des apprenants dans les structures éducatives. L’article 3 de cet arrêté a institué une coiffure uniforme pour tous les apprenants filles et garçons. La coiffure uniforme des élèves est faite d’une coupe des cheveux à ras, simple et sans embellissement ni fantaisies quelconques.
L’arrêté complet peut être lu ici. Toutefois, les tresses et les nattes de cheveux naturels sans mèches et assimilées sont autorisées pour les filles. Cette mesure est rentrée en vigueur lors de la rentrée 2024 – 2025. Cet article de TRT Afrika évoque également cet arrêté ministériel au Burkina Faso.
S’agissant de l’interdiction du port des perruques faite aux magistrats, elle est fausse car les magistrats Burkinabès n’ont jamais arboré la perruque depuis l’ère coloniale.
Maître Christophe Birba, avocat burkinabè basé à Ouagadougou interrogé par AFP dans cet article , précise que la perruque ne fait pas partie du costume de travail des juristes au Burkina Faso.
Dans le même article, Laurent Poda, ancien procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, précise que le port de perruques blondes n’a jamais fait partie de la tenue des magistrats burkinabè. Selon lui, ceux-ci portaient traditionnellement des robes et toges noires d’inspiration française, sans couvre-chef.
Il ajoute que le Burkina Faso a engagé un processus de réforme vestimentaire, visant à remplacer progressivement ces tenues par des toges confectionnées en Faso Dan Fani, le pagne tissé traditionnel du pays.
Le décret y relatif est à lire ici.
Conclusion
Il n’y a aucun élément officiel qui confirme une interdiction de l’importation des perruques au Burkina Faso. Aucune décision administrative, aucun communiqué des autorités compétentes et aucune publication dans les médias crédibles ne corroborent cette information, qui circule massivement sur les réseaux sociaux.
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