Cette publication circulant sur les réseaux sociaux, notamment via WhatsApp, Tik-Tok et Facebook , affirme l’existence d’un » Décret présidentiel n°001/PR/2026″ qui aurait annulé la célébration de la Saint-Valentin (14 février) sur toute l’étendue du territoire national de la République du Congo.
Le texte attribué à ce prétendu décret évoque la sauvegarde des « valeurs morales et sociales” et présente la Saint-Valentin comme une célébration excessivement commerciale, justifiant ainsi son interdiction.
Ce que nous avons vérifié
Au regard du droit congolais, le 14 février n’est pas une journée de célébration légalement reconnue par les textes en vigueur.
Aucun article de la Constitution de la République du Congo ne fait référence à cette date. Par ailleurs, la loi n°2-64 du 13 juin 1984 fixant les fêtes légales en République du Congo ne reconnaît que huit célébrations officielles. Le 14 février n’y figure pas.
Il n’existe donc aucun fondement juridique ou légal attaché à la Saint-Valentin dans l’ordonnancement juridique congolais.
Fact-Check Congo a consulté les publications du Journal Officiel disponibles pour le début de l’année 2026, et il n’existe aucun décret, arrêté ou texte réglementaire relatif à l’annulation de la Saint-Valentin. La numérotation du prétendu décret est donc incohérente avec la chronologie et la nomenclature officielles. Aucune communication, ni annonce officielle de la Présidence de la République du Congo ne fait mention d’une telle décision à la date avancée (6 février 2026).
En outre, le document incriminé est présenté comme étant signé par Pierre Ngolo en qualité de Président de la République par intérim. Or, la Constitution congolaise encadre strictement les conditions de l’intérim à la tête de l’État. L’intérim est assuré par le Président du Sénat, uniquement en cas de vacance du pouvoir, laquelle ne peut survenir qu’en cas de décès du Président de la République, de démission ou d’empêchement définitif dûment constaté (maladie grave ou incapacité totale).
À ce jour, aucune vacance du pouvoir n’a été déclarée en République du Congo, et aucune ne s’est produite durant le mandat en cours du Président Denis Sassou N’Guesso.
Dans ces conditions, une présidence par intérim exercée par Pierre Ngolo est juridiquement impossible, ce qui constitue un élément supplémentaire démontrant le caractère non authentique du document diffusé.
Au-delà des incohérences juridiques relevées, le document présente plusieurs anomalies de forme qui renforcent son caractère douteux.
D’abord, le document est présenté sur un fond beige, alors que les actes officiels émanant des institutions congolaises sont systématiquement établis sur fond blanc.
Ensuite, la mise en page de l’en-tête ne correspond pas aux standards utilisés par la Présidence de la République. Le document litigieux affiche la mention » République – Présidence » centrée en haut de page, une disposition inhabituelle et non conforme aux documents officiels.
Dans les actes authentiques de la Présidence de la République, en haut à droite, figurent sur la première ligne » République du Congo » , puis sur la seconde ligne la devise » Unité – Travail – Progrès » ; à gauche, sont mentionnés » Présidence de la République » sur la première ligne, puis, après un interligne, » Secrétariat général du gouvernement » , et une bande verticale tricolore vert-jaune-rouge est apposée sur la marge gauche du document, du haut vers le bas.
Aucun de ces éléments graphiques et institutionnels n’apparaît sur le document présenté comme un décret présidentiel, ce qui constitue une entorse manifeste aux normes administratives en vigueur.
Des multiples irrégularités formelles qui confirment que le document diffusé ne répond pas aux standards administratifs congolais et ne peut être considéré comme un décret présidentiel authentique.
Contexte
Le mois de février, et plus particulièrement le 14 février, est communément associé, dans l’imaginaire collectif, à la célébration de l’amour. Bien qu’elle ne soit pas une fête officielle en République du Congo, cette date est traditionnellement l’occasion, pour certains Congolais, d’exprimer leurs sentiments envers leurs proches ou leur partenaire.
À l’approche du 14 février 2026, plusieurs personnes publient ce document sur leurs statuts WhatsApp, sur Facebook et Tik tok, alimentant interrogations et spéculations sur une prétendue décision officielle des autorités congolaises.
Conclusion
Il n’existe à ce jour aucune preuve vérifiable attestant de l’adoption ou de la publication d’un décret présidentiel annulant la célébration de la Saint-Valentin en République du Congo en février 2026. Aucun texte publié au Journal officiel, aucun communiqué gouvernemental ou encore aucune confirmation institutionnelle.
Faux, le document partagé est un montage trompeur, et ne correspond à aucun acte juridique valide émanant des autorités congolaises.
Fact-Check Congo rappelle que tout décret présidentiel n’a de valeur juridique qu’après publication officielle au Journal officiel de la République du Congo.
















