Depuis lundi, Brazzaville abrite une formation intensive consacrée à la lutte contre la désinformation. Initiée par l’Association Initiative Stop Désinfo (ISD), en partenariat avec Journalisme et Éthique Congo (JEC), cette session réunit plusieurs participants issus des médias, de la communication, de la société civile, de la justice et du milieu estudiantin.
L’objectif : créer une dynamique nationale autour de la vérification des faits et poser les bases d’une véritable communauté de fact-checkers en République du Congo.
Aiguiser une compétence devenue vitale
Depuis deux jours, les participants se familiarisent avec le fact-checking, une démarche méthodique de vérification de l’information fondée sur l’analyse, la recherche et l’utilisation d’outils numériques spécialisés.
Dans un contexte où les fausses informations circulent à une vitesse inédite, distinguer le vrai du faux n’est plus un luxe, mais une compétence de survie, essentielle pour préserver la qualité de l’espace public.
» Le mensonge a un impact nocif auquel il est indispensable de remédier. Se former au fact-checking permet de se protéger soi-même, et surtout de protéger les autres du danger des fake news » , explique Sara Dambou, participante.
Des outils concrets pour vérifier l’information
Au cours des deux premières journées, les participants ont appris :
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les fondements du fact-checking,
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les différentes étapes pour vérifier la véracité d’une information,
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la recherche inversée d’images,
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l’usage d’outils comme Google Images, TinEye, InVID-WeVerify, ou encore la consultation de sources institutionnelles fiables.
Ils ont également été initiés à la nécessité de retracer l’information jusqu’à sa source la plus ancienne, afin de comprendre son contexte et détecter les éventuelles manipulations.
Pour Lassina Niangaly, un des formateurs, » le fact-checking permet de déceler les manipulations dans un contexte de tension et d’éviter que de simples rumeurs ne dégénèrent en crises. »
Un appel à la responsabilité citoyenne
Au-delà de la formation technique, l’initiative rappelle que chaque citoyen a un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation.
Partager une information non vérifiée peut alimenter :
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des tensions sociales,
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des conflits,
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ou encore des atteintes graves à la réputation d’individus ou d’institutions.
Protéger notre démocratie, préserver la paix et renforcer le vivre-ensemble passent obligatoirement par une culture de vérification et d’esprit critique.
Rosie Pioth, Coordinatrice de l’association ISD, a invité les participants à cultiver le doute méthodique qu’elle qualifie de » compétence de survie à l’ère du numérique. »
Cette formation n’est que la première étape d’un programme plus vaste qui se déroulera tout au long de la semaine, incluant des exercices pratiques, des analyses de cas congolais et des productions de contenus de vérification.













