Une rumeur virale sur WhatsApp affirme que Clément Mierassa, figure de l’opposition congolaise, aurait quitté l’opposition pour revenir au Parti Congolais du Travail (PCT) présenté comme sa “maison politique d’origine”. La rumeur soutient que le leader politique aurait “abandonné” l’opposition dont il est membre à cause de son “inertie et manque d’actions et de vision” .
C’est faux.
Ce que Clément Mierassa répond
Contacté par Fact-Check Congo, M. Clément Mierassa a formellement démenti, en apportant une réponse ferme et ironique à cette allégation devenue virale :
“J’en rigole. Les Congolais doivent savoir que le Parti Congolais du Travail n’est pas en conformité avec la loi. En français facile, on dirait que c’est un parti hors-la-loi (…)Pour nous autres, ce parti qui a plongé le Congo dans le chaos, est un danger pour la paix dans notre pays. Mierassa est fier d’être à la fois Président du RFC et Président du PSDC”, nous a-t-il répondu sur WhatsApp.
Une prise de position claire qui ne laisse place à aucune ambiguïté.
Contexte : un climat politique sous tension à l’approche de 2026
La rumeur intervient dans un contexte politique sensible. Le Congo se dirige vers l’élection présidentielle prévue en mars 2026, une période traditionnellement marquée par une augmentation des fausses informations, des rumeurs et des tentatives de manipulation politique sur les réseaux sociaux.
La figure de Clément Mierassa reste symbolique au sein de l’opposition. Son parti, le Parti Social-Démocrate Congolais (PSDC), a été définitivement dissous par les autorités congolaises, à l’instar d’autres partis d’opposition dirigés par des figures de l’opposition telles que Yhombi-Opango en juin 2025. La liste des partis politiques autorisés à exercer en République du Congo est à lire ici.
Malgré cette interdiction, Mierassa continue d’affirmer son engagement politique et sa position d’opposant, notamment en revendiquant également la présidence du Rassemblement des forces du changement, plateforme de l’opposition congolaise RFC et PDSC. Il nie catégoriquement avoir rejoint le PCT.
Oui, il a appartenu au PCT, il y a plus de 30 ans
Ancien cadre du PCT dans les années 1980 (période du parti-État), il a aussi exercé des fonctions ministérielles, notamment en tant que ministre du Commerce de 1991 à 1992. Il a également été ministre du Développement industriel de 1992 à 1993 sous la présidence du Professeur Pascal Lissouba. Le decret le nommant peut être lu ici.
Copté comme cadre du Parti Congolais du Travail en 1984, il est mis aux arrêts en 1989 pour “tentative de coup d’Etat”, avant de bénéficier d’une grâce présidentielle. C’est au sortir de la geôle que Mierassa crée le PDSC, parti d’ opposition, et y est resté.
Pourquoi cette rumeur ?
Ce type d’information s’inscrit dans une stratégie classique de déstabilisation politique :
- semer le doute au sein de l’opposition,
- décrédibiliser des leaders politiques,
- créer une perception de “désertion” pour affaiblir des mobilisations futures, influencer l’opinion publique à l’approche d’un scrutin majeur.
Conclusion
Clément Mierassa n’a pas rejoint le PCT. La rumeur relayée principalement sur WhatsApp est fausse. L’intéressé a formellement démenti auprès de Fact-Check Congo.
À l’approche de l’échéance de 2026, il est crucial de vérifier les informations avant de les partager, et de rester vigilant face aux contenus destinés à influencer l’opinion publique.
















