Le communiqué publié par Énergie Électrique du Congo (E2C) annonce une » coupure générale d’électricité » dans l’ensemble de la ville de Pointe-Noire le dimanche 6 juin 2021, de 8h à 18h. Même si l’entreprise qualifie cet arrêt de fourniture d’opération technique de maintenance, cet élément contredit objectivement l’affirmation selon laquelle l’année 2021 se serait déroulée sans aucune coupure ni délestage dans la ville.
Cette contradiction est renforcée par un article du quotidien Les Dépêches de Brazzaville (ADIAC), publié le 25 novembre 2021, qui fait état de » délestages intempestifs et de très longue durée » à Pointe-Noire et à Brazzaville. Ces difficultés ont été évoquées officiellement lors d’une séance de questions orales avec les membres du gouvernement, confirmant que la problématique des interruptions électriques demeurait d’actualité à la fin de l’année 2021.
Par ailleurs, un document de la Banque mondiale, intitulé Pacte national énergétique (document de mission, 2025), apporte des données chiffrées. Il indique qu’en 2021, la République du Congo a enregistré 54 coupures totales et 41 coupures partielles sur l’ensemble du territoire. Parmi celles-ci, trois coupures ont concerné Pointe-Noire, contre 38 à Brazzaville. Ces chiffres réfutent clairement l’idée d’une année » sans coupures » à Pointe-Noire, même si la ville apparaît moins affectée que la capitale.
Précision utile : “délestage” vs “coupure”
Dans le domaine électrique, le délestage désigne une interruption temporaire et généralement planifiée de la fourniture d’électricité dans un secteur donné, souvent pour gérer un déficit de production ou une contrainte sur le réseau.
La coupure électrique, quant à elle, peut être planifiée ou accidentelle et résulter d’une opération de maintenance, d’un incident technique, d’une panne ou d’un autre dysfonctionnement.
Pour les usagers, la distinction est théorique : dans les deux cas, il s’agit d’une absence de courant. Or, la déclaration examinée porte précisément sur l’idée qu’il n’y aurait eu aucune interruption à Pointe-Noire durant toute l’année 2021. Les documents disponibles démontrent le contraire.
Certes, Pointe-Noire apparaît moins touchée que Brazzaville sur certains indicateurs (trois coupures contre 38 en 2021). Toutefois, » moins touchée » ne signifie pas » pas touchée du tout » . Des coupures, y compris générales, ont bien été annoncées et observées en 2021. L’intermittence de l’électricité ne relève donc pas uniquement de la perception : des sources indépendantes et des données factuelles en confirment l’existence.
Lors de l’entretien, la journaliste évoque une intermittence quasi permanente de l’électricité depuis plus de trente ans, soulignant que les ménages en sont régulièrement privés. Le Directeur général de l’E2C conteste cette affirmation, estimant qu’à Pointe-Noire, les investissements réalisés en 2021 ont permis une amélioration notable de la fourniture électrique, réduisant fortement les délestages.
Il cite notamment l’installation d’un transformateur de 70 MVA au poste de Mont-Kamba 1 et la création de nouvelles lignes de distribution, qui auraient renforcé l’infrastructure électrique locale. Il évoque également des investissements comparables à Brazzaville, notamment au poste de Tsielampo, où un transformateur de même capacité a été installé.
Le Directeur général reconnaît par ailleurs une amélioration » significative » en 2023 dans les deux principales villes du pays, tout en soulignant que la perception des interruptions peut varier selon les quartiers et les usagers.
Limites structurelles persistantes
Malgré ces avancées techniques, des défis structurels majeurs demeurent. La capacité de production d’électricité reste insuffisante pour couvrir la demande nationale, ce qui entraîne encore des interruptions ponctuelles, aussi bien en milieu urbain que rural. À cela s’ajoute le vieillissement de certaines infrastructures, notamment hydroélectriques, qui nécessite des travaux réguliers de réhabilitation et de modernisation.
Les efforts de modernisation du réseau électrique s’inscrivent dans une dynamique plus large visant une amélioration progressive de l’accès à l’électricité, condition essentielle du développement économique et social du pays.
Conclusion
En revanche, affirmer que Pointe-Noire n’aurait connu aucun délestage ou aucune coupure en 2021 est faux. E2C a elle-même annoncé une coupure générale dans la ville en juin 2021, la presse congolaise a documenté des délestages à la fin de la même année, et un document de la Banque mondiale recense des coupures, certes limitées mais bien réelles, à Pointe-Noire en 2021.














