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nterrogé au cours de l’émission « 30 jours pour convaincre » sur l’impact des réformes durant le quinquennat de Denis Sassou Nguesso qui s’achève, le Directeur général des Douanes Guénolé KOUMOU a affirmé qu’ « entre 2018 et 2026, les recettes ont plus que doublé. Ça, c’est la réalité. (…) Nous n’avons pas augmenté les droits de douane mais les recettes ont doublé. », fin de citation.
Cette déclaration associe la hausse des recettes à des réformes structurelles (guichet unique, lutte contre la fraude, rationalisation des contrôles au port de Pointe-Noire), sans produire de chiffres détaillés à l’appui.
Fact-Check Congo a vérifié si cette affirmation est documentée par des données officielles accessibles au public, notamment dans le livre bilan du gouvernement En toute transparence et dans les sources budgétaires et de contrôle.
Méthodologie
Que contient réellement le livre En toute transparence sur la douane ?
Le livre En toute transparence est un ouvrage officiel de présentation de l’action gouvernementale. Il est structuré autour de fiches thématiques et de graphiques synthétiques.
Il ne constitue pas un rapport d’exécution budgétaire ni un document d’audit financier.
Des mentions existent bien sur la mobilisation des recettes, mais pas de série douanière
Le livre évoque la mobilisation des recettes fiscales et douanières ;les réformes de l’administration fiscale et douanière et la lutte contre la fraude et les exonérations. Mais il ne publie pas de tableau annuel des recettes douanières, ni de chiffres ventilés par année permettant de comparer 2018 à 2025 pour la seule douane.
Le livre mentionne notamment un niveau de recettes non pétrolières estimées à 1 075 milliards FCFA en 2025. Ce chiffre qui est global (non pétrolier), n’est pas isolé comme “recettes douanières” ; ce qui ne permet pas de vérifier une évolution spécifique de la DGDDI entre 2018 et 2025.

Ces données confirment une hausse sur certaines années, mais elles ne couvrent pas 2018-2019 ; elles ne documentent pas 2023-2025 en résultats définitifs ; elles ne démontrent pas non plus une multiplication par deux sur toute la période 2018-2025.
Les lois de finances quant à elles annoncent des objectifs de recettes, y compris douanières, mais elles ne constituent pas une preuve des recettes effectivement encaissées.
Les données de la Banque mondiale que nous avons consultées montrent la part des droits de douane dans les recettes fiscales, mais sans montants annuels détaillés ni données jusqu’en 2025.
Analyse Fact-Check Congo
L’examen des sources disponibles citées plus haut permet d’établir que les données chiffrées douanières dans l’ouvrage En toute transparence sont absentes. L’ouvrage ne publie pas de tableaux, de séries statistiques ni de montants précis relatifs aux recettes douanières, que la série annuelle des recettes douanières (2018–2025) est inexistante publiquement.
Aucune base de données officielle consolidée, accessible au public, ne permet de suivre de manière continue l’évolution annuelle des recettes douanières sur cette période. Et pour finir, il y a eu effectivement une hausse des recettes sur certaines années, ce qui est partiellement confirmé par des rapports institutionnels, notamment ceux de la Cour des comptes, qui font état d’une progression des recettes sur certaines années, en particulier entre 2020 et 2022.
Donc, l’affirmation selon laquelle les recettes ont “plus que doublé” n’a pas pu être démontrée, en l’absence de chiffres comparables entre 2018 et 2025. Elle ne peut pas être vérifiée de manière indépendante.
Conclusion
L’affirmation est partiellement vraie car non vérifiable dans sa globalité.
Il est établi que les recettes douanières ont connu une augmentation sur certaines années, ce que confirment des sources institutionnelles.
En revanche, aucune donnée publique vérifiable ne permet d’attester que les recettes douanières ont “plus que doublé” entre 2018 et 2025.
La déclaration du Directeur général des douanes ne peut donc pas être confirmée dans son intégralité sur la base des informations accessibles au public.