Vérification
Pour vérifier cette affirmation, plusieurs articles de la presse nationale et internationale trouvés sur Google grâce aux mots clés « suspension Fecofoot par la Fifa » ont été consultés par Fact-Check Congo ( 1, 2, 3). Ces sources ont établi clairement que la suspension de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) par la FIFA était directement liée à une ingérence du pouvoir politique dans la gestion de l’instance dirigeante du football congolais.
Dans un arrêté daté du 6 février 2025, la FIFA a annoncé la suspension de la FECOFOOT jusqu’à nouvel ordre. Cette décision avait alors entraîné la perte de tous les droits de membre de la fédération , et affecté les équipes nationales et les clubs affiliés qui n’étaient plus autorisés à participer aux compétitions internationales ; tandis que la FECOFOOT et ses dirigeants ne pouvaient plus bénéficier des programmes de développement, de formation et de financement de la FIFA. Cette décision mettait aussi un terme à toute relation sportive avec la FECOFOOT pendant la durée de la suspension qui avait pris effet immédiatement.
Contexte
Le ministère avait alors favorisé la mise en place d’un collectif de membres de l’Assemblée générale de la FECOFOOT, lequel avait saisi le président du tribunal de grande instance de Brazzaville afin d’empêcher la tenue d’une assemblée générale extraordinaire.
La FIFA, qui soutenait Guy Blaise Mayolas et ne reconnaissait pas la légitimité du collectif, avait dépêché à Brazzaville, en octobre, son directeur régional pour l’Afrique, accompagné d’un représentant de la CAF, dans une tentative de médiation qui était restée sans succès. Dans ses échanges, la FIFA avait souligné que les décisions ayant conduit à la crise se situaient à un niveau politique élevé, bien au-delà du seul ministère des Sports, rappelant que cela constituait une violation de ses statuts.
Pour lever la suspension, la FIFA avait exigé notamment l’invalidation du collectif ; la restitution des locaux et des comptes bancaires à la FECOFOOT , ainsi que la garantie de la gestion du football par la fédération sans aucune influence extérieure. Assurance qu’elle avait obtenu et s’en était suivie la levée de cette suspension. Donc, affirmer que le gouvernement ne s’était jamais ingéré dans la gestion du football au Congo est faux.
Après la crise de gouvernance à la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) et la suspension par la FIFA, les conséquences continuent d’affecter l’équipe nationale masculine, les Diables Rouges, au-delà de la levée de la suspension. La suspension a été levée par la FIFA après que les conditions imposées par l’instance mondiale aient été remplies : restitution du contrôle total des locaux, du centre technique, et des comptes bancaires de la FECOFOOT à l’équipe élue dirigée par Jean-Guy Blaise Mayolas. Mais le retard et les conséquences sportives pour l’équipe nationale restent importants : certains matchs des éliminatoires ont été annulés ou perdus, et l’incertitude a fragilisé la campagne de qualification pour la Coupe du monde. Et cette décision a directement compromis les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 – Afrique (groupe E), empêchant les Diables Rouges de jouer normalement leurs matchs contre la Zambie et la Tanzanie : ceux-ci ont été attribués forfaits (0-3) à cause de la suspension. Wikipédia
Et à ce jour, la situation sportive de l’équipe nationale de football reste toujours fragile.
Conclusion
Les éléments factuels rapportés par la presse nationale et internationale, ainsi que les communiqués de presse de la FIFA contredisent la déclaration du Premier ministre.
Contrairement à son affirmation, le gouvernement congolais avait bel et bien été mis en cause dans la suspension de la FECOFOOT par la FIFA pour ingérence politique.
Au regard des faits établis et des sources consultées, cette déclaration ne peut être considérée comme conforme à la réalité.
Oui, la Fecofoot a été suspendue avant d’être réhabilitée, pour ingérence politique notamment du ministre en charge des sports dans les affaires internes de cette dernière, contrairement aux statuts qui régissent le football mondial.
Oui, le gouvernement s’était bel et bien ingéré dans la gestion de la fédération congolaise de football. Affirmer le contraire est faux au vu des preuves factuelles évoquées plus haut.