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Photo virale à Ouesso : quand l’humour noir se transforme en désinformation

Dans une publication d’un média en ligne sur les réseaux sociaux montrant plusieurs photos du président congolais Denis Sassou Nguesso entouré de plusieurs personnes notamment des députés nationaux arborant leurs écharpes vert-jaune-rouge, symboles du drapeau national, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, tous marchant aux côtés du véhicule du Chef de l’Etat lors des descentes à l’intérieur du pas, il est affirmé que ces derniers font désormais partie de sa garde personnelle , à défaut d’une garde bien formée. 
La légende prétend, sur un ton d’humour noir, que les ministres et parlementaires seraient désormais les agents de sécurité du Chef de l’État.

Vérification

Après vérification via la recherche d’image inversée, aucun élément ne confirme la narration humoristique qui accompagne la publication.
Au contraire, le texte associé est trompeur et repose sur une mise en scène délibérément fausse, dans le but de tourner en dérision. 

Contexte réel

La photo a été prise à Ouesso, dans le département de la Sangha, lors de la visite officielle du Président  de la République, pour l’inauguration du plus grand hôpital de cette partie du pays
En date du 23 novembre, le compte Facebook de Ovounga M’Obongui  avait publié une des photos afin de féliciter les parlementaires (reconnaissables à leurs écharpes tricolores), pour l’accueil réservé au Chef de l’État dans cette partie du pays. 

Sur l’image, on voit notamment des membres du gouvernement, des élus nationaux, des responsables locaux, et des membres de la sécurité présidentielle accompagnant le Président de la République  dans le cadre d’une activité institutionnelle normale , et non en tant que personnel de sécurité.

Fact-Check Congo a constaté que  la publication de ces photos a suscité plusieurs commentaires sur l’obligation ou pas d’escorter le véhicule présidentiel par les officiels congolais. 

Ce que prévoit le droit congolais sur la sécurité présidentielle

La sécurité du président de la République est assurée par une structure dédiée : la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP) selon ce décret datant de 2009, portant sur les missions de la DGSP, et le seul disponible actuellement au Journal officiel et publié ici par Unicongo. Les forces de sécurité publique (police, gendarmerie, armée) constituent la « force publique » en charge de la sécurité générale selon la Constitution de 2015.

Tenant compte de ces éléments, seules la DGSP ou, si besoin, les forces de l’État, sont légalement jugées compétentes pour assurer la protection sécuritaire du Président, et non des parlementaires ou ministres, sauf s’ils appartiennent eux-mêmes à ces services.

Il est toutefois important de noter que le texte constitutionnel et les lois organiques du pays ne contiennent aucun article imposant aux parlementaires ou aux membres du gouvernement d’assurer la sécurité ou l’escorte du chef de l’État. Leur rôle institutionnel , tel que défini dans la Constitution, ou encore dans le Règlement intérieur régissant l’Assemblée nationale, se limité à l’exercice du pouvoir législatif ou exécutif, le vote des lois, la gestion des affaires publiques, etc…

De ce fait, affirmer qu’un ministre ou un parlementaire « escorte »  le Président en tant qu’agent de sécurité relève du hors-cadre légal normal. Cela peut parfois être une posture protocolaire ou symbolique, mais pas une obligation légale ou institutionnelle.

Ce que cela signifie dans le cas de la photo virale

Apparaitre autour du Président sur plusieurs photos virales n’est pas synonyme de jouer un rôle sécuritaire pour ces parlementaires ou ministres.  Et donc, présenter cette scène comme si ces élus et membres du gouvernement étaient « agents de sécurité » constitue donc une interprétation fausse, voire une désinformation, car elle attribue une fonction à des personnes qui n’ont pas cette compétence légale.

Conclusion : de l’humour noir… devenu désinformation

Si la publication se veut humoristique, elle diffuse malgré tout une fausse information en laissant croire que des ministres et parlementaires auraient assuré la sécurité du Président.
La photo est authentique, mais la légende est trompeuse.

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