Le 5 septembre 2025, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Hilton de Brazzaville, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, a affirmé que « la France n’a jamais soutenu le Congo », en réponse à une question relative au soutien de la France à la candidature congolaise à la direction générale de l’UNESCO.
Cette déclaration, absolue dans sa formulation, a suscité interrogations et réactions. Nous avons vérifié, en mobilisant des sources officielles et l’appui d’outils d’intelligence artificielle pour la recherche documentaire.
Fact-Check Congo a vérifié.
Cette vérification s’appuie exclusivement sur des sources officielles comme les sites web du gouvernement congolais, de l’ambassade de France au Congo, de l’AFD, du FFEM, de Campus France, de Canal France International, etc.), des communiqués et discours diplomatiques récents, et enfin l’équipe de Fact-Check Congo a recouru à l’intelligence artificielle (IA) comme outil de veille permettant de croiser rapidement les informations disponibles et d’identifier les références pertinentes. L’IA a donc joué un rôle de soutien technique, mais l’analyse et la conclusion relèvent du travail journalistique de Fact-Check Congo.
Les preuves du soutien français à la République du Congo
Dans le cadre des infrastructures et de l’aménagement urbain, l’Agence Française de Développement a investi depuis 2007 plus de 460 milliards de FCFA dans des projets congolais. Le projet de drainage des eaux pluviales de Brazzaville (phase 2), d’un montant de 62 millions d’euros, soit 40 milliards 331 millions 338 520 francs CFA), signé en 2015, a été confirmé en janvier 2024 par l’ancien ministre des Finances Jean-Baptiste Ondaye aux côtés du directeur de l’AFD à Brazzaville. Cliquez ici pour en savoir plus.
Dans le domaine de la santé, la France a financé, toujours à travers un financement de l’AFD, la modernisation du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville pour 10 millions d’euros, près de 6 milliards 550 millions de francs CFA, afin de rénover les infrastructures d’eau et d’assainissement et de renforcer les capacités médicales.
En 2020, l’ambassade de France a également remis du matériel médical contre le covid-19 d’un montant de 229 millions de francs CFA au CHU, tel que publié ici par le site de l’Ambassade du Congo en France.
En 2024, la France et l’Union européenne ont financé le projet Mosala à hauteur de 6,7 milliards FCFA (10,3 M€) pour favoriser l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat des jeunes Congolais. La signature s’est tenue en présence du ministre congolais des Finances et de l’ambassadrice de France Claire Bodonyi et le lancement officiel du projet a eu lieu le 10 octobre 2024 en présence de plusieurs autorités congolaises et de l’ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi.
Dans le domaine de l’environnement, le Projet Paysage forestier Nord-Congo (PPFNC), financé par l’AFD et le FFEM, appuie la préservation de la biodiversité et le développement durable.
En mars 2025, le ministre de l’Économie forestière, Henri Djombo, a reçu l’AFD pour évaluer l’avancée du programme.
Déclarations officielles de l’ambassadrice de France
Le 4 juillet 2025, l’ambassadrice de France en République du Congo Claire Bodonyi, lors d’une rencontre avec le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, soulignait : « La solidité des liens historiques entre la France et le Congo se renouvelle autour des priorités communes : climat, forêts, assainissement et infrastructures comme la corniche de Brazzaville. »
Le 14 juillet 2025, lors de la réception organisée à l’occasion de la fête nationale française à Brazzaville, Claire Bodonyi a souligné la « profondeur des relations historiques entre la France et le Congo », et ce, en présence de hauts responsables congolais.
Conclusion
L’affirmation du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Thierry Moungalla selon laquelle « la France n’a jamais soutenu le Congo » est infirmée par de multiples preuves officielles. La France a soutenu et soutient le Congo dans plusieurs secteurs clés, avec des projets documentés, financés et inaugurés conjointement. Toutefois, dans le cadre de l’élection du directeur général de l’UNESCO prévue en octobre 2025, la France a opté officiellement, pour le candidat égyptien Khaled Ahmed EL-ENANY ALI EZZ, tel qu’on peut le lire sur la page officielle LinkedIn de l’ambassade de France en Égypte.
Pour en savoir davantage sur le processus de nomination du directeur général de l’UNESCO et les portraits de deux candidats restés en lice, merci de cliquer ici.
La liste des secteurs dans lesquels la France apporte son appui à la République du Congo n’est pas exhaustive dans cet article.
Note de transparence
Cet article a été rédigé par l’équipe de Fact-Check Congo avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle, utilisés exclusivement pour la recherche documentaire et l’organisation des sources.
L’analyse, la vérification et les conclusions relèvent d’un travail journalistique indépendant, conforme à la méthodologie de fact-checking et aux règles déontologiques du métier.













