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	<title>Archives des AWiM - FACT- CHECK CONGO</title>
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	<description>Les faits, rien que les faits!</description>
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	<title>Archives des AWiM - FACT- CHECK CONGO</title>
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		<title>« Brisées, mais debout : ces Togolaises qui brisent le silence » </title>
		<link>http://factcheck-congo.org/2025/10/31/brisees-mais-debout-ces-togolaises-qui-brisent-le-silence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fact-Check Congo]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2025 09:58:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Ambroisine Memedé]]></category>
		<category><![CDATA[AWiM]]></category>
		<category><![CDATA[Etonam Sossou]]></category>
		<category><![CDATA[Helene Martelot]]></category>
		<category><![CDATA[Mariages précoces]]></category>
		<category><![CDATA[Togo]]></category>
		<category><![CDATA[Violences basées sur le genre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Ambroisine MEMEDE, Etonam SOSSOU et Héléna MARTELOT Au centre Kekeli, niché dans le quartier Nyékonakpoè à Lomé, Justine , 12 ans, élève en classe de 5ème, survivante de violences sexuelles, raconte d’une voix tremblante son quotidien d’avant : « Chaque soir, il me demandait de me déshabiller… J’avais l’impression d’étouffer sous son poids. » Confiée à un vieil enseignant par sa mère, la fillette a subi des abus répétés avant qu’une servante ne donne l’alerte. Aujourd’hui, elle reprend doucement goût à l’école et à l’enfance. Élodie (13 ans), recueillie dans le même centre, a connu un sort similaire. Trompée par un oncle qui promettait de l’inscrire à l’école, elle s’est retrouvée prisonnière d’un adulte qui l’emmenait dans une maison inachevée pour l’agresser.   » C’est parce que je n’avais nul part où aller, et puis je risque de dormir le ventre creux …, il me fait ces trucs bizarres presque tous les soirs, et son regard ne me permettait même pas de m’y opposer… », raconte cette adolescente. Justine venait d’avoir son Certificat d’études primaires, lorsque sa mère, vendeuse de bouillie à base d’amidon de manioc (communément appelée Tapioca-Zogbon), la place sous la tutelle d’un vieillard de 80 ans, un de ses clients, qualifié de philanthrope.  Maman Justine venait juste de se remettre en couple après la séparation d’avec le père de sa fille. C’est ainsi que débute le calvaire de cette enfant. Figure 1 : Justine, 12 ans  » Chaque soir, il me demande de me déshabiller, il me caresse partout, avant de monter sur moi. Et il dit des trucs que je ne comprends pas… après quoi, il me dit d’aller me nettoyer. Il me dit chaque fois après l’acte, d’aller me laver…Je ne me suis jamais sentie à l’aise. De plus, il pèse tellement que des fois j’ai l’impression d’étouffer…Finalement, j’ai pu signaler à la servante de maison et il a été arrêté. Et j’ai été conduite au centre. J’y vis depuis janvier 2025. Ici, ils m’ont fait comprendre que ce n’est pas ma faute, qu’il devait me protéger et non me traiter ainsi. Ils ont pris soin de moi, m’ont soigné, je me sens bien. » , a raconté Justine.  L’agresseur de Justine que nous nommerons ici le « vieux Atonsou » , est un enseignant octogénaire à la retraite. Ce qu’a vécu Justine n’est pas un cas isolé au Togo. En effet, plusieurs femmes, filles et mêmes, des enfants endurent de terribles réalités, qu’elles sont parfois obligées d’enfouir au fond d’elles, de vivre avec, dans une colère impuissante. Comme Justine, Elodie (pseudo) âgée de 13ans, fait également partie des pensionnaires du centre. En attente de réunification familiale avec sa mère basée au Bénin. Son histoire révèle un parcours aussi tortueux que jalonné de tristesse.   » Après la mort de mon père, mon oncle est venu de Lomé pour me prendre avec lui. Il a dit à ma mère qu’il allait m’inscrire à l’école, mais une fois à Lomé, je me suis retrouvée dans une famille dont le mari (la quarantaine) m’obligeait à faire des choses de grandes personnes. Il me prenait sur sa moto, m’amenait dans leur maison inachevée, m’ordonnait de me déshabiller et me prenait de force par terre » , raconte-t-elle .  Au rappel de ce qu’elle a vécu, Elodie a le regard vide, la gorge nouée : «  Chaque fois, il me salissait et me renvoyait nettoyer…Je ne peux rien dire d’autre », conclut-elle en essuyant une larme sur sa joue. Traumatisée par la récurrence de ces actes, Elodie fugue et se retrouve dans une famille dont elle devient la bonne à tout faire, dans la boutique de la patronne, au grand marché de Lomé. Accusée de vol, Elodie finira par se retrouver sans abri et errante dans les rues de Lomé. Elle sera conduite au centre par un conducteur de taxi moto, pris de pitié pour elle.  Figure 2: Elodie, 13 ans Un fléau national Au Togo, les violences basées sur le genre (VBG) restent massives. En 2023, le GF2D, Groupe de reflexion et d‘action femme, démocratie et dévelopement, a recensé 1 075 cas de VBG, dont 723 à Lomé. Selon WILDAF-Togo, près de 40 % des filles en zone rurale sont mariées avant 18 ans, avec des pics allant jusqu’à 94 % dans certains cantons. Selon Prosper Akpelassi, agent social travaillant au centre Kékéli, les enfants sont écoutés, puis référés vers les autres unités de prise en charge : sanitaire et psychologique, voire éducative. Et les enfants sont hébergés au besoin ; comme c’est le cas pour Justine et Elodie, reçues en janvier 2025.  » On les a envoyées à l’hôpital pour des examens de routine liés à ces cas-là. Les Procès-verbaux (PV) ont révélé qu’elles ont été déflorées, l’hymen est détruit : c’est le constat du docteur », raconte M. Akpelassi. Mêmèdé, Etonam et Martelot, les trois femmes journalistes au cœur de ce projet, n’ont pu s’empêcher de faire une pause, touchées par les différents témoignages.  Mêmèdé la plus âgée du trio n’a pu s’empêcher de s’exclamer : » Je suis abattue. Je suis une mère, et ceci est vraiment inadmissible. Ces gens sont des pervers… »!  Hélena, la benjamine du groupe a fondu en larmes : » Je n’ai pas la force de continuer… ».Etonam n’a de cesse émis des soupirs, ajoutant qu’il faut vraiment sévir… Une fois remise de leurs émotions, elles ont poursuivi leur travail. Un des cas ayant également bénéficié d’une longue prise en charge est celui de Chantal (nom d’emprunt), en visite pour une formation. M. Akpelassi, agent social au sein du centre, nous relate son histoire :  “Chantal a été amenée en consultation pour la première fois par sa mère qui s’inquiétait du mutisme dans lequel s’était réfugiée sa fille. C’est après plusieurs séances qu’elle a pu se sentir rassurée et s’est confiée sur ce qu’elle avait vécu… Sexuellement abusée à l’âge de 7 ans par un cousin, elle l’a également été à 10 ans par un jeune de son quartier, ce qui l’a plus tard enfoncée dans un mutisme total sur les</p>
<p>L’article <a href="http://factcheck-congo.org/2025/10/31/brisees-mais-debout-ces-togolaises-qui-brisent-le-silence/">« Brisées, mais debout : ces Togolaises qui brisent le silence » </a> est apparu en premier sur <a href="http://factcheck-congo.org">FACT- CHECK CONGO</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Par <a href="https://tg.linkedin.com/in/ambroisine-m%C3%AAm%C3%A8d%C3%A9">Ambroisine MEMEDE</a>, <a href="https://tg.linkedin.com/in/etonam-sossou-3bb13215b">Etonam SOSSOU</a> et <a href="https://www.linkedin.com/in/helene-martelot-ba414b181">Héléna MARTELOT</a></span></em></span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Au <a href="https://www.centrekekeli.net/">centre Kekeli</a>, niché dans le quartier Nyékonakpoè à Lomé, Justine , 12 ans, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">élève en classe de 5ème, survivante de violences sexuelles, raconte d’une voix </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">tremblante son quotidien d’avant :</span></p>
<p><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> « Chaque soir, il me demandait de me déshabiller… </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">J’avais l’impression d’étouffer sous son poids. »</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Confiée à un vieil enseignant par sa mère, la fillette a subi des abus répétés avant </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">qu’une servante ne donne l’alerte. Aujourd’hui, elle reprend doucement goût à </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">l’école et à l’enfance.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Élodie (13 ans), recueillie dans le même centre, a connu un sort similaire. Trompée </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">par un oncle qui promettait de l’inscrire à l’école, elle s’est retrouvée prisonnière </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">d’un adulte qui l’emmenait dans une maison inachevée pour l’agresser. </span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » C’est parce que je n’avais nul part où aller, et puis je risque de dormir le ventre creux …, il me</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">fait ces trucs bizarres presque tous les soirs, et son regard ne me permettait même pas de m’y</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>opposer… »,</em> raconte cette adolescente.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Justine venait d’avoir son Certificat d’études primaires, lorsque sa mère, vendeuse </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">de bouillie à base d’amidon de manioc (communément appelée Tapioca-Zogbon), </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">la place sous la tutelle d’un vieillard de 80 ans, un de ses clients, qualifié de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">philanthrope.  </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Maman Justine venait juste de se remettre en couple après la séparation d’avec le </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">père de sa fille. C’est ainsi que débute le calvaire de cette enfant.</span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-1-togo.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1876" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-1-togo.png" alt="" width="921" height="406" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-1-togo.png 921w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-1-togo-300x132.png 300w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-1-togo-768x339.png 768w" sizes="(max-width: 921px) 100vw, 921px" /></a><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif; font-size: 10pt;">Figure 1 : Justine, 12 ans</span></em></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » <span style="font-size: 10pt;"><em>Chaque soir, il me demande de me déshabiller, il me caresse partout, avant de monter sur moi. </em></span></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Et il dit des trucs que je ne comprends pas… après quoi, il me dit d’aller me nettoyer. Il me dit </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">chaque fois après l’acte, d’aller me laver…Je ne me suis jamais sentie à l’aise. De plus, il pèse </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">tellement que des fois j’ai l’impression d’étouffer…Finalement, j’ai pu signaler à la servante de </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">maison et il a été arrêté. Et j’ai été conduite au centre. J’y vis depuis janvier 2025. Ici, ils m’ont </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">fait comprendre que ce n’est pas ma faute, qu’il devait me protéger et non me traiter ainsi. Ils ont </span></em></span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><em>pris soin de moi, m’ont soigné, je me sens bien. »</em></span> , a raconté Justine. </span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">L’agresseur de Justine que nous nommerons ici le « vieux Atonsou » , est un </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">enseignant octogénaire à la retraite. </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Ce qu’a vécu Justine n’est pas un cas isolé au Togo. En effet, plusieurs femmes, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">filles et mêmes, des enfants endurent de terribles réalités, qu’elles sont parfois </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">obligées d’enfouir au fond d’elles, de vivre avec, dans une colère impuissante.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Comme Justine, Elodie (pseudo) âgée de 13ans, fait également partie des </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">pensionnaires du centre. En attente de réunification familiale avec sa mère basée au </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Bénin. Son histoire révèle un parcours aussi tortueux que jalonné de tristesse. </span><br />
<span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » Après la mort de mon père, mon oncle est venu de Lomé pour me prendre avec lui. Il a dit à ma </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">mère qu’il allait m’inscrire à l’école, mais une fois à Lomé, je me suis retrouvée dans une famille </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">dont le mari (la quarantaine) m’obligeait à faire des choses de grandes personnes. Il me prenait sur </span></em></span><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">sa moto, m’amenait dans leur maison inachevée, m’ordonnait de me déshabiller et me prenait de </span></em></span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><em>force par terre »</em> </span>, raconte-t-elle . </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Au rappel de ce qu’elle a vécu, Elodie a le regard vide, la gorge nouée :</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">« <span style="font-size: 10pt;"><em> Chaque fois, il me salissait et me renvoyait nettoyer…Je ne peux rien dire d’autre »</em></span>, conclut-elle </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">en essuyant une larme sur sa joue.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Traumatisée par la récurrence de ces actes, Elodie fugue et se retrouve dans une </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">famille dont elle devient la bonne à tout faire, dans la boutique de la patronne, au </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">grand marché de Lomé. Accusée de vol, Elodie finira par se retrouver sans abri et </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">errante dans les rues de Lomé. Elle sera conduite au centre par un conducteur de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">taxi moto, pris de pitié pour elle. </span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-2-togo.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1877" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-2-togo.png" alt="" width="924" height="346" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-2-togo.png 924w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-2-togo-300x112.png 300w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-2-togo-768x288.png 768w" sizes="(max-width: 924px) 100vw, 924px" /></a><span style="font-size: 8pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Figure 2: Elodie, 13 ans</span></em></span></p>
<h5><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Un fléau national</span></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Au <a href="https://www.republicoftogo.com/toutes-les-rubriques/societe/changer-les-mentalites2">Togo</a>, les violences basées sur le genre (VBG) restent massives. En 2023, le </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><a href="https://www.facebook.com/gf2dcriff/?locale=fr_FR">GF2D, Groupe de reflexion et d‘action femme, démocratie et dévelopement</a>, a </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">recensé 1 075 cas de VBG, dont 723 à Lomé. </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Selon <a href="https://wildaf-togo.org/">WILDAF-Togo</a>, près de 40 % des filles en zone rurale sont mariées avant 18 </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">ans, avec des pics allant jusqu’à 94 % dans certains cantons.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Selon <a href="https://m.facebook.com/prosper.akpelassi.9/">Prosper Akpelassi</a>, agent social travaillant au centre Kékéli, les enfants sont </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">écoutés, puis référés vers les autres unités de prise en charge : sanitaire et </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">psychologique, voire éducative. Et les enfants sont hébergés au besoin ; comme </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">c’est le cas pour Justine et Elodie, reçues en janvier 2025.</span></p>
<p><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » On les a envoyées à l’hôpital pour des examens de routine liés à ces cas-là. Les Procès-verbaux</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>(PV) ont révélé qu’elles ont été déflorées, l’hymen est détruit : c’est le constat du docteur »</em>, raconte</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">M. Akpelassi.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Mêmèdé, Etonam et Martelot, les trois femmes journalistes au cœur de ce projet, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">n’ont pu s’empêcher de faire une pause, touchées par les différents témoignages. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Mêmèdé la plus âgée du trio n’a pu s’empêcher de s’exclamer : » <em>Je suis abattue. Je </em></span><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">suis une mère, et ceci est vraiment inadmissible. Ces gens sont des pervers… »! </span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Hélena, la benjamine du groupe a fondu en larmes : » J<em>e n’ai pas la force de </em></span><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">continuer… ».</span></em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Etonam n’a de cesse émis des soupirs, ajoutant qu’il faut vraiment sévir…</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Une fois remise de leurs émotions, elles ont poursuivi leur travail.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Un des cas ayant également bénéficié d’une longue prise en charge est celui de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Chantal (nom d’emprunt), en visite pour une formation. M. Akpelassi, agent social </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">au sein du centre, nous relate son histoire : </span></p>
<p><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">“Chantal a été amenée en consultation pour la première fois par sa mère qui s’inquiétait du</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">mutisme dans lequel s’était réfugiée sa fille. C’est après plusieurs séances qu’elle a pu se sentir</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">rassurée et s’est confiée sur ce qu’elle avait vécu… Sexuellement abusée à l’âge de 7 ans par un</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">cousin, elle l’a également été à 10 ans par un jeune de son quartier, ce qui l’a plus tard enfoncée</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>dans un mutisme total sur les questions sexuelles et un rejet de la gent masculine”,</em> explique</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Akpelassi. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Aujourd’hui, presque remise de ces traumatismes, Chantal revoit la vie en rose et </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">envisage à nouveau une relation amoureuse.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Au-delà des agressions individuelles, le problème des abus sur mineurs s&rsquo;inscrit dans </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">un contexte plus large d&rsquo;exploitation et de négation de l&rsquo;enfance. C&rsquo;est dans ce </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">même contexte que se développent des pratiques tout aussi destructrices, comme </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">les mariages de mineures, où l&rsquo;enfant est privé de ses droits fondamentaux et de son </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">autonomie pour des raisons culturelles ou économiques. </span></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Ces arrangements nuisibles</span></strong></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">C’est le cas dans certains villages où, la perte des récoltes suite aux aléas </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">climatiques, amène les parents à choisir comme alternative le mariage d’enfants </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">(échange) pour amener le futur époux à verser une dot en nature (bœufs, vaches, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">etc.),  afin de compenser les pertes. Des unions sont ainsi scellées entre des familles, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">dans l&rsquo;ignorance totale des autorités traditionnelles ou administratives. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">À Asrama, ville de Notsè située à environ 95 Km au nord de Lomé, Agnon, âgée de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">15 ans à l’époque, a été donnée en mariage par son père, pour solder une dette de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">60 000 FCFA, environ 100 euros . Le lendemain de son arrivée chez son « mari », </span><a href="https://afreepress.net/84788-2/"><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">elle s’est suicidée en avalant de la soude caustique. Un drame qui illustre l’impunité </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">quotidienne.</span></a></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Le poids du silence</span></strong></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Beaucoup de survivantes gardent le silence, par peur de la honte ou de représailles. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">«<em> Ces mariages forcés et abus répétés sont vécus comme des viols permanents, aux effets</em></span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>psychologiques dévastateurs »</em>, souligne Mme Akakpo-Badohoun Miranda, psychologue </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">à <a href="https://wildaf-togo.org/">WILDAF-Togo</a>. Une récente étude menée par le réseau ‘ Women in Law and </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Development in Africa’ (WILDAF) et ses partenaires indique que le niveau de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">mariage précoce demeure très important au Togo où la moyenne est de 40% en </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">zone rurale. Dans certains cantons du pays, le taux dépasse 94%.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> </span><br />
<strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Les dispositifs d’alerte et de prise en charge de VBG</span></strong><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> </span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Certaines survivantes trouvent toutefois le courage de parler. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Chantal, abusée dès 7 ans par un cousin, puis à 10 ans par un voisin, s’était</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">enfermée dans le mutisme. Le suivi psychologique au centre Kekeli l’a aidée à</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">retrouver espoir :  » <em>Aujourd’hui, je revis. » </em>, témoigne-t-elle.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Face à l’ampleur du problème, des initiatives de prise en charge existent à travers le </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">pays. Le Togo dispose en effet d’un <a href="https://www.facebook.com/PlanInternationalTogo/posts/%F0%9D%97%A3%F0%9D%97%9F%F0%9D%97%94%F0%9D%97%A1-%F0%9D%97%9C%F0%9D%97%A1%F0%9D%97%A7%F0%9D%97%98%F0%9D%97%A5%F0%9D%97%A1%F0%9D%97%94%F0%9D%97%A7%F0%9D%97%9C%F0%9D%97%A2%F0%9D%97%A1%F0%9D%97%94%F0%9D%97%9F-%F0%9D%97%A7%F0%9D%97%A2%F0%9D%97%9A%F0%9D%97%A2-%F0%9D%97%94%F0%9D%97%A3%F0%9D%97%A3%F0%9D%97%A8%F0%9D%97%9C%F0%9D%97%98-%F0%9D%97%9F%F0%9D%97%94-%F0%9D%97%9F%F0%9D%97%9C%F0%9D%97%9A%F0%9D%97%A1%F0%9D%97%98-%F0%9D%97%A9%F0%9D%97%98%F0%9D%97%A5%F0%9D%97%A7%F0%9D%97%98-%F0%9D%97%94%F0%9D%97%9F%F0%9D%97%9F%F0%9D%97%A2-%F0%9D%9F%AD%F0%9D%9F%AC%F0%9D%9F%AD%F0%9D%9F%AD-%F0%9D%97%97%F0%9D%97%A8-%F0%9D%97%96%F0%9D%97%A5%F0%9D%97%A2%F0%9D%97%A3%F0%9D%97%98%F0%9D%97%A6%F0%9D%97%97%F0%9D%97%9C-le-jeudi-4-m/262675772802900/">Centre de Référence et d’orientation pour la </a></span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">prise en charge des enfants en situation difficile (CROPESDI),  centre d&rsquo;Etat </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">résidentiel situé à Lomé, qui accueille et héberge de façon temporaire, des enfants </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">(de 1 à 17 ans) victimes de violences et de maltraitances nécessitant un retrait </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">temporaire de leur milieu de vie ou des enfants en situation d&rsquo;abandon.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Le centre gère aussi le dispositif d&rsquo;alerte précoce « Allô 1011 », un service d&rsquo;écoute, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">de conseil et de signalement pour les enfants en danger ou victimes de violences. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">« <em> Le Togo dispose de 13 centres d&rsquo;écoute et 3 One Stop Center, gérés par le ministère de l&rsquo;action</em></span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">sociale, 1 centre du ministère de la santé situé au CHU Sylvanus Olimpio et 7 centres pour la</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">société civile répartis sur toute l’étendue du territoire. Un One Stop Center est un centre de prise en</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">charge holistique (médical psychosocial, et juridique en un seul endroit) des victimes de VBG. Le</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">centre d’écoute du quartier Novissi à Lomé, a reçu courant cette année 2025, environ 70</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">survivantes de VBG avec plusieurs cas. Une survivante peut présenter jusqu’à trois cas (violences</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">physiques, sexuelles, psychologiques) par exemple. Et l’intervention que nous menons sur chaque</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">survivante varie selon le cas. Les enfants sont orientés vers les centres spécialisés comme le</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>CROPESDI ou Kekeli, avec lesquels nous interagissons « </em>, a expliqué Mme Béléi, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">responsable du centre d’écoute de Lomé.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Il faut aussi noter que le ministère dispose d&rsquo;une ligne Verte 8284 pour la </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">dénonciation dans l&rsquo;anonymat et en toute discrétion des cas de VBG dans le pays. </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Les services qu&rsquo;offrent tous ces centres d&rsquo;écoute sont gratuits.</span></p>
<h5><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Une action de sensibilisation</span></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Selon <a href="https://tg.linkedin.com/in/silvere-kevi-md-phd-dmsc-0b6aa149">Dr Kevi K. Silvère</a>, Chef section médecine du travail et sports au ministère </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">de la santé et de l&rsquo;hygiène publique du Togo, les violences basées sur le genre en </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">l&rsquo;occurrence les abus sexuels constituent une situation assez difficile à surmonter </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">pour les victimes.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » <em>Il n&rsquo;est pas facile d&rsquo;oublier mais les victimes peuvent s&rsquo;en sortir si elles sont correctement</em></span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">accompagnées. Le suivi et accompagnement va évoluer en fonction de la capacité de la victime à</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">surmonter la situation afin de se reconstruire progressivement ».</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Il appelle les survivantes de VBG à avoir le courage d’en parler, afin de se faire </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">accompagner, et les décideurs à renforcer et améliorer les dispositions, juridiques, </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">médicales, psycho-sociaux et de promotion de la prévention et de la prise en charge </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">holistique.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pour mieux cerner la question de prise en charge des violences, l’une des trois </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">journalistes s’est rendue au Centre de prise en charge psycho-socio-judiciaire des </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">personnes victimes ou auteurs de violences, logé au sein du CHU Sylvanus </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Olympio (CHU-SO), le plus grand hôpital public du pays, à la rencontre de <a href="https://bice.org/app/uploads/2021/12/5.Guide-a-l_usage-des-enfants_Togo_Esb2.pdf">Dr </a></span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Tousso Anama, Psychologue clinicien et de la santé. </span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-3-TOGO.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1878" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-3-TOGO.png" alt="" width="916" height="484" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-3-TOGO.png 916w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-3-TOGO-300x159.png 300w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-3-TOGO-768x406.png 768w" sizes="(max-width: 916px) 100vw, 916px" /></a><span style="font-size: 8pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Figure 3: Dr Tousso Anama, Psychologue clinicien et de la santé au CHU Sylvanus Olympio</span></em></span></p>
<p><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » Ce sont des séances d’accompagnement, de psychothérapie et d’orientation de la personne ayant</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">subi une violence. Pour les survivantes de violences, nous avons une intervention psychologique</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">immédiate. Ensuite, une intervention psychologique au long cours, puis un suivi psychologique</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">périodique. Ces séances visent à créer un climat de confiance et travailler avec la survivante pour</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>l’aider à s’en sortir. Le type de soutien varie selon la personne et la violence subie » ,</em> explique Dr</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Tousso.</span></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Des voix qui s’élèvent contre les VBG</span></strong></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Les abus ne se limitent pas aux villages reculés. En août 2025, le Secrétaire général </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">du ministère de la Promotion de la Femme a été écroué pour viol. Quelques années </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">plus tôt, des cas de harcèlement sexuel avaient éclaboussé le syndicat des praticiens </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">hospitaliers.</span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">« Aucun acte de VBG ne sera toléré, Le Togo dispose aujourd’hui d’un cadre juridique solide », </span></em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">a promis Madame <a href="https://www.facebook.com/p/Prof-Kossiwa-M-Zinsou-Klassou-61566623977318/">Akossiwa Zinsou-Klassou</a>, ministre de l’action sociale, de la </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">solidarité et de la promotion de la femme. </span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-4-togo.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1879" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-4-togo.png" alt="" width="759" height="484" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-4-togo.png 759w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figure-4-togo-300x191.png 300w" sizes="(max-width: 759px) 100vw, 759px" /></a><span style="font-size: 8pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Figure 4 : Prof Zinsou-Klassou, Ministre en charge de l&rsquo;action sociale</span></em></span></p>
<p><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">« Les violences basées sur le genre sont des pratiques inhumaines et dégradantes qui portent</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>gravement atteinte à la dignité humaine, détruisent la cohésion sociale et freinent la productivité »</em>, a</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">expliqué Pr Zinsou-Klassou, qui y accordera certainement une attention </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">particulière, tant le mal fait des dégâts. </span></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Entre silence et résilience</span></strong></h5>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figue-5-togo.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-1875 alignleft" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/figue-5-togo.png" alt="" width="273" height="286" /></a></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">A presque 90 ans, Dame Rosaline appelle à briser le </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">silence et à agir, afin que ces violences ne détruisent </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">plus jamais de vies. Derrière ses rides profondes, se </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">cache une histoire marquée par la contrainte, la résilience et la lutte silencieuse </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">d’une génération de femmes à qui l’on refusait le droit de choisir.</span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » A mon époque, tu ne pouvais pas dire non. Mais aujourd’hui, il y a des mécanismes qui existent</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">pour protéger les femmes. Alors, je dis à toutes celles qui subissent des violences : partez ! Ne</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>gaspillez pas votre vie »,</em> argue-t-elle.</span></p>
<p><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » Ces violences ont brisé mon ego, piétiné mon amour-propre et terni mon image de femme. Tout ce</span></em><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">que je suis, ma valeur et mon estime de moi, ont été attaquées. C’est une expérience extrêmement</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>compliquée et douloureuse, qui m’a marquée à jamais »</em>, se souvient Victoire, une</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">journaliste engagée contre les VBG.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">« <em>Je rêve qu’un jour, si j’ai le pouvoir de décider et d’agir, que je puisse frapper fort pour montrer</em></span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">l’exemple et que justice soit rendue. Aujourd’hui, mon engagement se traduit par ma voix et mes</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>actions médiatiques » </em> a rajouté la jeune dame de 33 ans aujourd’hui.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » <em>Les abus sexuels sont des abus de pouvoirs ayant entre autres, des conséquences psychologiques,</em></span><br />
<em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">sociales et professionnelles dévastatrices pour les victimes, … La loi togolaise est claire, l’impunité</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>n’est plus admise »</em> , ont souligné les organisations membres du GOFT dans un </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">communiqué, appelant à  » <em>traquer sans répit, tous les pervers sexuels qui détruisent, à chaque </em></span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>minute, de nombreuses vies humaines »</em> .</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Notons que le Togo est partie à de nombreuses conventions internationales </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">relatives à la protection de l&rsquo;enfance. Précisons que <a href="https://justicejuveniletogo.org/wp-content/uploads/2023/11/Code_de_lenfant_togo_2007.pdf">code de l’enfant</a> en ses articles </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">396 et 397, punit de 1 à 5 ans d’emprisonnement, l’attentat à la pudeur, ainsi que </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">l’abus sexuel sur enfant. Le texte précise que la peine sera de 5 à 10 ans de réclusion </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">criminelle, si l’attentat à la pudeur a été commis avec violence ou menace sur un </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">enfant. </span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Malgré ces dispositions, le mal persiste, selon le <a href="https://www.warnathgroup.com/wp-content/uploads/2016/06/Kara-attendees-French.xlsx">Juge Kalao Kpemoua</a>, président de </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">la 2ème Chambre correctionnelle.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"> » <em>Ces derniers temps, malgré tout ce qui est fait, c&rsquo;est la recrudescence. Chaque </em></span><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">audience, je reçois au moins 3 ou 5 cas d&rsquo;abus sexuels sur des enfants de 3 à 15 </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">ans&#8230; Il faut investir dans une sensibilisation accrue, afin d&rsquo;avoir de meilleurs </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">résultats. Elle doit couvrir toute l’étendue du territoire : chaque quartier, chaque </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">rue, chaque maison. Les juges, les agents sociaux, tous doivent s&rsquo;impliquer plus. </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Certes, nul n&rsquo;est censé ignorer la loi, mais la sensibilisation renforce l&rsquo;impact de la </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">prévention. Et les médias ont un rôle très important. C&rsquo;est un travail de fond qu&rsquo;il</span></em><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>faut faire, avec l&rsquo;investissement approprié</em> » , a dit le juge.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Les abus sexuels ne sont pas un mythe, mais une triste réalité à combattre aux côtés </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">des décideurs, à travers des actions concertées, connectées et permanentes.</span></p>
<h5><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Impression des membres de l’équipe</span></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><strong><a href="https://tg.linkedin.com/in/ambroisine-m%C3%AAm%C3%A8d%C3%A9">Ambroisine Mêmèdé </a>:</strong> J’ai été profondément touchée par le PV dressé par le</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">médecin sur la santé sexuelle des deux adolescentes citées en début du reportage.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pour avoir fait plusieurs entretiens sur la question des abus sexuels sur les enfants,</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">je me rends compte que les comportements ne changent guère, et cela me rend</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">triste.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Ce type de reportage touche à la fois à l&rsquo;humain, à l&rsquo;éthique professionnelle, à la</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">psychologie, et génère une vague d&rsquo;émotions parfois difficiles à contenir… Malgré</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">la douleur, j’ai quand-même eu le sentiment d&rsquo;avoir accompli un travail essentiel.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">C’est un devoir journalistique et civique crucial.</span><br />
<strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><a href="https://tg.linkedin.com/in/etonam-sossou-3bb13215b">Etonam Sossou</a> :</span></strong><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Même en étant préparée, entendre les détails et les témoignages de violences faites à</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">ces enfants, a provoqué en moi, une sidération et une profonde détresse face à la</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">cruauté humaine et à la vulnérabilité des survivantes.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">La frontière entre l&rsquo;obtention de l&rsquo;information et la protection de la source étant</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">très mince, j’ai dû absorber une part de l&amp;#39;émotion des filles interviewées. Cette</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">empathie vicariante m’a mentalement et émotionnellement épuisée. Nous avons dû</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">faire une pause.</span><br />
<strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><a href="https://www.linkedin.com/in/helene-martelot-ba414b181">Helena Martelot</a> :</span></strong><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Ma tristesse pour la souffrance des survivantes s’est accompagnée d&rsquo;une forte</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">colère dirigée contre les agresseurs et parfois contre les systèmes (légal, social) qui</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">n&rsquo;ont pas su protéger les enfants ou prévenir les abus. Ce reportage est une</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">expérience qui ne m’a pas laissée indifférente, j’ai deux fois fondu en larmes face à</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">la vulnérabilité des enfants et la taille des agresseurs… Heureusement que nous</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">avons eu des moments de discussion et chacune d’entre-nous essayait de vider le</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">trop plein d’émotions et on s’encourageait mutuellement. Pour la suite, j’ai dû me</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">forger une solide résilience émotionnelle.</span></p>
<p><span style="font-size: 8pt; font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Ce reportage a été produit avec le soutien de African Women in Media </span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">(AWIM), dans le cadre du projet du Fonds de développement des femmes</span><br />
<span style="font-size: 8pt; font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">africaines (AWDF) sur le signalement des violences faites aux femmes et </span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">aux filles au Bénin, au Burkina Faso et au Togo.</span></p>
<p>L’article <a href="http://factcheck-congo.org/2025/10/31/brisees-mais-debout-ces-togolaises-qui-brisent-le-silence/">« Brisées, mais debout : ces Togolaises qui brisent le silence » </a> est apparu en premier sur <a href="http://factcheck-congo.org">FACT- CHECK CONGO</a>.</p>
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		<title>Briser le silence sur la contraception: le combat intime des femmes burkinabés”</title>
		<link>http://factcheck-congo.org/2025/10/27/briser-le-silence-sur-la-contraception-le-combat-intime-des-femmes-burkinabes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fact-Check Congo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 06:36:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[AWiM]]></category>
		<category><![CDATA[contraception]]></category>
		<category><![CDATA[Micheline Wamini Bicaba]]></category>
		<category><![CDATA[Santé de la reproduction]]></category>
		<category><![CDATA[Souhaibata Barry]]></category>
		<category><![CDATA[VBG]]></category>
		<category><![CDATA[VBG au Burkina Faso]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://factcheck-congo.org/?p=1884</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par Souhaibata Barry et Micheline Wamini Bicaba Un combat intime et dangereux À Ouagadougou, dans la région du Kadiogo, comme à Ziniaré, dans l’Oubritenga, de nombreuses femmes s’opposent silencieusement à l’autorité de leur mari pour accéder à la contraception. Dans un contexte marqué par le poids des traditions, les tabous persistants et la méconnaissance des droits reproductifs, elles bravent interdits et menaces pour préserver leur santé et éviter des grossesses rapprochées aux conséquences parfois dramatiques. Ces femmes, souvent contraintes d’agir dans l’ombre, incarnent une lutte quotidienne pour leur survie et celle de leurs enfants. Sakina Kabré  » confie que les grossesses rapprochées ont failli lui coûté la vie » Bassinko, un quartier de Ouagadougou. Dans une pièce de sa maison, Sakina Kabré serre contre elle son dernier-né, les yeux embués. À 24 ans, son corps porte les traces de quatre grossesses en six ans, trois fausses couches et un accouchement qui a failli lui coûter la vie.« Quand il a découvert mes pilules dans ma valise, il m’a battue et m’a ordonné de les jeter », murmure-t-elle. « Après ça, je suis retombée enceinte… J’ai failli mourir au quatrième accouchement. » Sakina Kabre confie que « les grossesses rapprochées ont failli lui coûté la vie ». Les hémorragies, les douleurs chroniques, les hospitalisations à répétition n’ont pas suffi à infléchir son mari. Ce n’est qu’après l’intervention ferme du personnel de santé qu’il a accepté, à contrecœur, qu’elle utilise un implant contraceptif. « La contraception est vitale, pour la mère, pour l’enfant et même pour le couple « , souffle aujourd’hui Sakina, rescapée mais encore meurtrie. Comme Sakina, des milliers de femmes burkinabè doivent négocier, supplier ou ruser pour accéder à la contraception. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS-BF 2021), 46 % des femmes mariées doivent obtenir l’autorisation de leur mari avant d’utiliser une méthode contraceptive. Un pouvoir de veto accompagné souvent de violences. Certaines sont battues ou menacées de divorce. Hubert Tapsoba :  » L’utilisation des méthodes contraceptives favorise l’infidélité dans le foyer «   » Si je découvre qu’elle y a recours, ce sera la fin de notre mariage » , tranche Hubert Tapsoba, vigile de 40 ans à Ziniaré, dans le plateau central. Selon lui, la planification familiale comporte des effets pervers, et il juge préférable qu’une femme en bonne santé ait plusieurs enfants plutôt que d’investir plus tard pour restaurer sa fertilité. Des propos qui illustrent le poids des préjugés qui enferment les femmes dans des maternités répétées, parfois au péril de leur vie. Pour nombre d’hommes au Pays des hommes intègres, la contraception est perçue comme une menace à leur autorité ou une incitation à l’infidélité. Pourtant, rappelle le Baloum Naaba de Tampouy, membre de l’Union nationale des religieux et coutumiers du Burkina :  » Nos grands-parents espaçaient déjà les naissances. Autrefois, après un accouchement, une femme ne partageait pas la couche de son mari pendant deux ans. » Une réalité ancestrale qui a disparu derrière des normes patriarcales plus récentes, qui valorisent la fertilité comme gage de statut social et de virilité masculine. À Zitenga, localité de la province de l’Oubritenga, le vecu quotidien de Aïcha Compaoré (nom d’emprunt), une jeune femme de 20 ans, illustre les dilemmes auxquels font face de nombreuses jeunes mères en milieu rural. Mariée très tôt, elle a donné naissance à son premier enfant à l’âge de 19 ans. À l’occasion de la visite médicale des 40 jours, les agents de santé lui ont parlé de contraception et lui ont proposé plusieurs méthodes adaptées à son profil. Curieuse et séduite par l’idée d’espacer ses grossesses pour mieux s’occuper de son nouveau-né, Aïcha choisit la pilule, convaincue qu’elle pourra ainsi protéger sa santé et donner plus d’attention à son enfant. Aicha Compaoré (image d&#8217;illustration) confie qu&#8217;elle voulait espacer ses grossesses mais elle n&#8217;a pas eu le choix. Aicha Compaoré confie qu&#8217;elle voulait espacer ses grossesses mais elle n&#8217;a pas eu le choix. A son retour au foyer, son enthousiasme se heurte au refus catégorique de son mari, qui invoque des raisons religieuses. Pour lui, la planification familiale est « contraire aux prescriptions divines » . Face à cette opposition ferme, et craignant les reproches de sa belle-famille, Aïcha se voit contrainte d’abandonner la contraception. Les pilules, qu’elle avait acceptées avec espoir, finissent à la poubelle. « Je voulais espacer mes grossesses, mais je n’ai pas eu le choix » , confie-t-elle, la voix hésitante. Son cas révèle la réalité de nombreuses femmes en milieu rural, où la décision d’adopter une méthode contraceptive ne revient pas à la femme, mais à son mari ou à l’ensemble de la famille. Les jeunes épouses comme elle, dépendantes économiquement et socialement, « n’osent pas défier l’autorité conjugale, de peur de subir des violences ou d’être répudiées » , confie-t-elle avec regret. Dans les zones rurales, la contraception reste un tabou absolu. Une fille sur trois y devient mère avant 18 ans (INSD, 2023), souvent au prix de son avenir scolaire et de sa santé. Au Burkina Faso, près d’une fille sur trois devient mère avant ses 18 ans, révèle l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS VI), 2021 de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) ; Ministère de la Santé ; Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) de l’Université Joseph Ki-Zerbo ; ICF International. Mettant en lumière l’ampleur des grossesses précoces non planifiées. Conséquences immédiates : déscolarisation, risques sanitaires élevés et précarité sociale, enfermant de nombreuses jeunes mères dans un cercle de vulnérabilité difficile à briser. Les centres de santé sont éloignés, mal dotés, et les soignants manquent de formation pour parler sexualité aux adolescentes. Fatoumata Sawadogo, sage-femme et secrétaire à l&#8217;information et à la communication adjointe à l&#8217;association des sage-femmes et maïeuticien du Burkina : » refuser à une femme ce droit, c&#8217;est l&#8217;exposer à des grossesses non désirées, à des risques sanitaires et à de profondes souffrances » Pour Fatoumata Sawadogo, sage-femme et secrétaire à l’information et à la communication adjointe de l’Association des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina :  » Refuser à une femme ce droit, c’est</p>
<p>L’article <a href="http://factcheck-congo.org/2025/10/27/briser-le-silence-sur-la-contraception-le-combat-intime-des-femmes-burkinabes/">Briser le silence sur la contraception: le combat intime des femmes burkinabés”</a> est apparu en premier sur <a href="http://factcheck-congo.org">FACT- CHECK CONGO</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Par <a href="https://www.linkedin.com/in/souhaibata-barry-a14276144">Souhaibata Barry</a> et <a href="https://www.fonction-publique.gov.bf/fileadmin/user_upload/storage/fichiers/AAA_RESULTAT_CP_2025_JOURNALISTES-ADMIS.pdf">Micheline Wamini Bicaba</a></span></p>
<h5><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Un combat intime et dangereux</span></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">À Ouagadougou, dans la région du Kadiogo, comme à Ziniaré, dans l’Oubritenga, de nombreuses femmes s’opposent silencieusement à l’autorité de leur mari pour accéder à la contraception. Dans un contexte marqué par le poids des traditions, les tabous persistants et la méconnaissance des droits reproductifs, elles bravent interdits et menaces pour préserver leur santé et éviter des grossesses rapprochées aux conséquences parfois dramatiques. Ces femmes, souvent contraintes d’agir dans l’ombre, incarnent une lutte quotidienne pour leur survie et celle de leurs enfants.</span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAKINA.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1888" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAKINA.jpeg" alt="" width="761" height="1040" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAKINA.jpeg 761w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAKINA-220x300.jpeg 220w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAKINA-749x1024.jpeg 749w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /></a><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif; font-size: 8pt;">Sakina Kabré  » confie que les grossesses rapprochées ont failli lui coûté la vie »</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Bassinko, un quartier de Ouagadougou. Dans une pièce de sa maison, Sakina Kabré serre contre elle son dernier-né, les yeux embués. À 24 ans, son corps porte les traces de quatre grossesses en six ans, trois fausses couches et un accouchement qui a failli lui coûter la vie<em>.« Quand il a découvert mes pilules dans ma valise, il m’a battue et m’a ordonné de les jeter »,</em> murmure-t-elle. <em>« Après ça, je suis retombée enceinte… J’ai failli mourir au quatrième accouchement. »</em></span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Sakina Kabre confie que « les grossesses rapprochées ont failli lui coûté la vie ». </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Les hémorragies, les douleurs chroniques, les hospitalisations à répétition n’ont pas suffi à infléchir son mari. Ce n’est qu’après l’intervention ferme du personnel de santé qu’il a accepté, à contrecœur, qu’elle utilise un implant contraceptif.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>« La contraception est vitale, pour la mère, pour l’enfant et même pour le couple « </em>, souffle aujourd’hui Sakina, rescapée mais encore meurtrie.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Comme Sakina, des milliers de femmes burkinabè doivent négocier, supplier ou ruser pour accéder à la contraception.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Selon l’<a href="https://www.insd.bf/fr/node/651">Enquête Démographique et de Santé (EDS-BF 2021)</a>, 46 % des femmes mariées doivent obtenir l’autorisation de leur mari avant d’utiliser une méthode contraceptive.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Un pouvoir de veto accompagné souvent de violences. Certaines sont battues ou menacées de divorce.</span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-HUBERT.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1887" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-HUBERT.jpeg" alt="" width="856" height="988" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-HUBERT.jpeg 856w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-HUBERT-260x300.jpeg 260w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-HUBERT-768x886.jpeg 768w" sizes="(max-width: 856px) 100vw, 856px" /></a><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif; font-size: 8pt;">Hubert Tapsoba :  » L’utilisation des méthodes contraceptives favorise l’infidélité dans le foyer « </span></em></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em> » Si je découvre qu’elle y a recours, ce sera la fin de notre mariage » ,</em> tranche Hubert Tapsoba, vigile de 40 ans à Ziniaré, dans le plateau central. Selon lui, la planification familiale comporte des effets pervers, et il juge préférable qu’une femme en bonne santé ait plusieurs enfants plutôt que d’investir plus tard pour restaurer sa fertilité. Des propos qui illustrent le poids des préjugés qui enferment les femmes dans des maternités répétées, parfois au péril de leur vie. </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pour nombre d’hommes au Pays des hommes intègres, la contraception est perçue comme une menace à leur autorité ou une incitation à l’infidélité.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pourtant, rappelle le <a href="https://www.facebook.com/UnfpaBurkinaFaso/videos/-selon-moi-la-contraception-est-indispensable-dans-ce-monde-daujourdhui-et-m%C3%AAme-/1311760043211477/">Baloum Naaba de Tampouy</a>, membre de l’<a href="https://urcb-sd.bf/">Union nationale des religieux et coutumiers du Burkina</a> :  » <em>Nos grands-parents espaçaient déjà les naissances. Autrefois, après un accouchement, une femme ne partageait pas la couche de son mari pendant deux ans. »</em></span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Une réalité ancestrale qui a disparu derrière des normes patriarcales plus récentes, qui valorisent la fertilité comme gage de statut social et de virilité masculine.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">À Zitenga, localité de la province de l’Oubritenga, le vecu quotidien de Aïcha Compaoré (nom d’emprunt), une jeune femme de 20 ans, illustre les dilemmes auxquels font face de nombreuses jeunes mères en milieu rural. Mariée très tôt, elle a donné naissance à son premier enfant à l’âge de 19 ans. À l’occasion de la visite médicale des 40 jours, les agents de santé lui ont parlé de contraception et lui ont proposé plusieurs méthodes adaptées à son profil. Curieuse et séduite par l’idée d’espacer ses grossesses pour mieux s’occuper de son nouveau-né, Aïcha choisit la pilule, convaincue qu’elle pourra ainsi protéger sa santé et donner plus d’attention à son enfant.</span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-AICHA-1.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1886" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-AICHA-1.jpeg" alt="" width="918" height="1080" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-AICHA-1.jpeg 918w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-AICHA-1-255x300.jpeg 255w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-AICHA-1-870x1024.jpeg 870w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-AICHA-1-768x904.jpeg 768w" sizes="(max-width: 918px) 100vw, 918px" /></a><span style="font-size: 8pt;"><em><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Aicha Compaoré (image d&rsquo;illustration) confie qu&rsquo;elle voulait espacer ses grossesses mais elle n&rsquo;a pas eu le choix. </span></em></span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Aicha Compaoré confie qu&rsquo;elle voulait espacer ses grossesses mais elle n&rsquo;a pas eu le choix. A </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">son retour au foyer, son enthousiasme se heurte au refus catégorique de son mari, qui invoque des raisons religieuses. Pour lui, la planification familiale est <em>« contraire aux prescriptions divines »</em> . Face à cette opposition ferme, et craignant les reproches de sa belle-famille, Aïcha se voit contrainte d’abandonner la contraception. Les pilules, qu’elle avait acceptées avec espoir, finissent à la poubelle.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em>« Je voulais espacer mes grossesses, mais je n’ai pas eu le choix »</em> , confie-t-elle, la voix hésitante. Son cas révèle la réalité de nombreuses femmes en milieu rural, où la décision d’adopter une méthode contraceptive ne revient pas à la femme, mais à son mari ou à l’ensemble de la famille. Les jeunes épouses comme elle, dépendantes économiquement et socialement,<em> « n’osent pas défier l’autorité conjugale, de peur de subir des violences ou d’être répudiées »</em> , confie-t-elle avec regret.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Dans les zones rurales, la contraception reste un tabou absolu. Une fille sur trois y devient mère avant 18 ans (INSD, 2023), souvent au prix de son avenir scolaire et de sa santé.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Au <a href="https://dhsprogram.com/pubs/pdf/PR139/PR139.pdf">Burkina Faso, près d’une fille sur trois devient mère avant ses 18 ans</a>, révèle l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS VI), 2021 de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) ; Ministère de la Santé ; Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) de l’Université Joseph Ki-Zerbo ; ICF International. Mettant en lumière l’ampleur des grossesses précoces non planifiées. Conséquences immédiates : déscolarisation, risques sanitaires élevés et précarité sociale, enfermant de nombreuses jeunes mères dans un cercle de vulnérabilité difficile à briser.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Les centres de santé sont éloignés, mal dotés, et les soignants manquent de formation pour parler sexualité aux adolescentes.</span></p>
<p><a href="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAGE-FEMME.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1885" src="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAGE-FEMME.jpeg" alt="" width="1080" height="999" srcset="http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAGE-FEMME.jpeg 1080w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAGE-FEMME-300x278.jpeg 300w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAGE-FEMME-1024x947.jpeg 1024w, http://factcheck-congo.org/wp-content/uploads/2025/10/IMAGE-SAGE-FEMME-768x710.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></a></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif; font-size: 8pt;">Fatoumata Sawadogo, sage-femme et secrétaire à l&rsquo;information et à la communication adjointe à l&rsquo;association des sage-femmes et maïeuticien du Burkina : » refuser à une femme ce droit, c&rsquo;est l&rsquo;exposer à des grossesses non désirées, à des risques sanitaires et à de profondes souffrances »</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pour Fatoumata Sawadogo, sage-femme et secrétaire à l’information et à la communication adjointe de l’<a href="https://absfm-bf.org/blog/">Association des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina</a> : <em> » Refuser à une femme ce droit, c’est l’exposer à des grossesses non désirées, à des risques sanitaires et à de profondes souffrances. » </em></span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Elle rappelle que la contraception réduit la mortalité maternelle et néonatale, évite les grossesses précoces et trop rapprochées, et protège contre certaines maladies.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Selon l’enquête Performance Monitoring for Action (PMA) Burkina Faso Phase 3 : Household and Female Survey (2021–2022), conduite par l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) en collaboration avec l’Université Joseph Ki-Zerbo, le Bill &amp; Melinda Gates Institute et Jhpiego, <a href="https://www.pmadata.org/sites/default/files/data_product_results/Burkina%20National_Phase%204%20XS_Results%20Brief_FR_Final_0.pdf">PMA Burkina Faso 2022</a>, les besoins non satisfaits en planification familiale sont passés de 32 % en 2014 à 16 % en 2022, preuve des efforts de sensibilisation.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pourtant, malgré une baisse de mortalité enregistrée sur la période allant de 2010 à 2021 qui est passée de 341 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, le Burkina Faso enregistre un taux de mortalité toujours élevée. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (2010) et le compte rendu du Conseil des ministres du 21 août 2024 (LeFaso.net), le taux de mortalité maternelle au <a href="https://libreinfo.net/burkina-mortalite-infantile/">Burkina Faso est passé de 341 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2010 à 154 en 2021</a>.</span></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Un droit bafoué</span></strong></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">La <a href="https://anrp.info/?docs=loi-n049-2005-an-portant-sante-de-la-reproduction">loi n°049/2005 sur la santé de la reproduction</a> garantit pourtant ce droit à tout individu, rappelle le juriste Jean-Benjamin Bado, coordonnateur de projet à <a href="https://abbef.bf/">l’Association Burkinabè pour le Bien-Être Familial (ABBEF)</a>.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><em> » Aucune femme ne devrait avoir à recourir clandestinement à la contraception »</em> , martèle-t-il.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Pour le juriste et Coordonnateur de projet à l&rsquo;ABBEF, <a href="https://bf.linkedin.com/in/jean-benjamin-bado-93b6391bb">Jean-Benjamin BADO</a>, aucune femme ne devrait avoir à recourir clandestinement à la contraception.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Mais dans la pratique, ce droit est quotidiennement bafoué. Le poids des normes patriarcales, la peur des violences et le silence social poussent les femmes vers des avortements non sécurisés, l’une des principales causes de décès évitables dans le pays.</span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Le <a href="https://natlex.ilo.org/dyn/natlex2/natlex2/files/download/111973/BFA-111973.pdf">PNAPF 2017-2020 du Ministère de la Santé</a> identifie trois grands freins à la planification familiale au Burkina Faso : le refus ou la méfiance des hommes, nourris par un manque d’information et des perceptions culturelles ; les barrières socioculturelles et religieuses, incluant la pression familiale et le mariage précoce ; et enfin les limites du système de santé, marquées par l’éloignement des services et la qualité variable de l’accueil. Le plan souligne que l’implication des hommes est essentielle pour lever ces obstacles et améliorer l’accès à la contraception. </span></p>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Chaque 26 septembre, lors de la Journée mondiale de la contraception, les ONG redoublent de plaidoyers pour rappeler à l’État ses engagements et exiger un financement durable des programmes de planification familiale.</span></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Quand le silence tue, informer devient un devoir</span></strong></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">En tant que femme journaliste, lire, écouter et raconter ces histoires nous laisse toujours un mélange de désarroi et de détermination.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Désarroi, parce qu’en 2025 encore, des femmes doivent risquer leur vie pour exercer un droit élémentaire : celui de protéger leur santé et de décider librement du nombre d’enfants qu’elles désirent. Détermination, parce que notre rôle, en tant que porte- voix et témoin de ces réalités, est d’amplifier leurs témoignages pour que le silence cesse d’être une arme contre elles. Ce combat pour la planification familiale n’est pas un caprice de femmes modernes ni une menace contre la tradition.</span></p>
<h5><strong><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">C’est une question de survie.</span></strong></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Briser le tabou coûte cher : critiques, jugements, parfois menaces. </span><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Mais se taire coûte encore plus cher. Car se taire, c’est accepter que Sakina, Awa ou tant d’autres continuent de souffrir dans l’ombre. Se taire, c’est enterrer encore des mères trop jeunes, trop fatiguées, trop meurtries. Comme Sakina, Awa et tant d’autres, des femmes burkinabè continuent de se battre pour un droit vital : celui de décider de leur corps, de leur avenir et de leur vie.</span></p>
<h5><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;"><strong>Informer, le défi du journaliste sur la contraception</strong></span></h5>
<p><span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">À titre personnel, nous n’avons pas été souvent confrontées à des situations de stigmatisation en lien avec l’utilisation de la contraception ou les choix de planification familiale. Cependant, il nous ait déjà arrivé de faire face à des jugements implicites lorsque j’abordais ces sujets dans certains milieux. Le simple fait d’en parler ouvertement, en tant que femme et journaliste, a parfois été perçu comme une prise de position « contre les valeurs traditionnelles ». Ces réactions nous ont rappelé à quel point le poids des normes sociales et culturelles continuent d’influencer la manière dont ces questions sont reçues dans nos communautés.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Dans notre parcours journalistique, nous avons également rencontré des femmes qui ont été exposées directement à ces formes de pressions sociales ou culturelles. Leurs témoignages révèlent la complexité des choix individuels dans un contexte où la liberté reproductive reste souvent limitée par les regards des autres.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">Cela ne diminue en rien la pertinence ou l’urgence de ces récits, bien au contraire. Notre rôle, en tant que journaliste, est de mettre en lumière ces réalités souvent passées sous silence, même si elles ne reflètent pas toujours notre expérience personnelle. Cette distance nous permet d’aborder le sujet avec objectivité et sensibilité, en me centrant sur la parole des personnes concernées.</span><br />
<span style="font-family: 'trebuchet ms', geneva, sans-serif;">En définitive, qu’il s’agisse d’une stigmatisation vécue directement ou observée à travers d’autres, elle met en évidence la nécessité de poursuivre le travail d’information et de sensibilisation. C’est par la parole, le dialogue et la diffusion de témoignages sincères que nous pouvons contribuer à briser les tabous et favoriser une société plus juste et plus respectueuse des choix de de chacun.</span></p>
<p><em><span style="font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 10pt;">Ce reportage a été produit avec le soutien de African Women in Media (AWiM), dans le cadre du projet du Fonds de développement des femmes africaines (AWDF) sur le signalement des violences faites aux femmes et aux filles au Bénin, au Burkina Faso et au Togo. </span></em></p>
<p>L’article <a href="http://factcheck-congo.org/2025/10/27/briser-le-silence-sur-la-contraception-le-combat-intime-des-femmes-burkinabes/">Briser le silence sur la contraception: le combat intime des femmes burkinabés”</a> est apparu en premier sur <a href="http://factcheck-congo.org">FACT- CHECK CONGO</a>.</p>
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