La deuxième session de formation sur la lutte contre la désinformation du programme Stop Lokuta, organisée par l’Initiative Stop Désinfo (ISD) en collaboration avec Fact-Check Congo et Journalisme et Éthique Congo (JEC), s’est récemment achevée à Pointe-Noire avec 14 participants.
Journalistes, humoristes et communicants, des profils variés, qui ont en commun la production de contenus et d’informations, constituent désormais un premier noyau de jeunes acteurs engagés dans la lutte contre la désinformation, dans un contexte marqué par la montée en puissance des plateformes numériques et la circulation rapide des rumeurs.
» Avant cette formation, je ne savais pas vraiment comment vérifier une information. Aujourd’hui, je comprends que publier ou partager un contenu implique une responsabilité envers le public », explique Hervé, journaliste participant qui découvre le monde du fact-checking.
À la fin de la session, les participants ont symboliquement levé la main droite pour reprendre le slogan du programme : « Stop Lokuta ! « , un engagement collectif contre la propagation des fausses informations.
Des outils concrets pour vérifier l’information
La formation s’est voulue résolument pratique, avec une initiation à plusieurs outils permettant de vérifier l’authenticité des images et contenus diffusés en ligne. Parmi eux : TinEye, Google Lens, Yandex, Pics.io, Illuminarty, Was-it-AI ou encore Fotoforensics.
Ces plateformes permettent notamment de retrouver l’origine d’une image, détecter une manipulation ou identifier si un contenu a été généré par l’intelligence artificielle.
» Je ne pensais pas qu’une simple image pouvait être vérifiée aussi facilement. Maintenant, avant de partager une photo ou une vidéo, je vais prendre le temps de vérifier si elle est authentique », témoigne Joyce, une participante.
Au-delà des outils techniques, les participants ont également été formés aux techniques d’écriture d’un article de fact-checking, à l’éthique et la responsabilité dans la production de l’information à l’ère de l’intelligence artificielle, ainsi qu’aux principes de l’éducation aux médias et à l’information.
Les échanges ont également permis de comprendre les liens entre journalisme d’investigation et vérification des faits, ainsi que le rôle du fact-checking dans la prévention des manipulations de l’information, notamment en période électorale.
Une vigilance renforcée à l’approche des élections
Cette formation intervient alors que la République du Congo entre dans une phase électorale, avec le lancement de la course à la magistrature suprême depuis le 28 février dernier.
Dans ce contexte, la circulation de rumeurs et de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux constitue un défi majeur pour l’information.
» Pendant les périodes électorales, beaucoup de messages circulent sur WhatsApp ou Facebook sans être vérifiés. Grâce à cette formation, nous pouvons aider à rétablir les faits et éviter la propagation de fausses informations « , souligne un autre participant.
Former pour mieux résister à la désinformation
À travers le programme Stop Lokuta, l’Initiative Stop Désinfo, Fact-Check Congo et Journalisme et Éthique Congo entendent renforcer durablement les capacités des producteurs de contenus et des journalistes, tout en sensibilisant le public à l’importance de l’esprit critique face aux informations diffusées en ligne.
L’objectif est double : former les professionnels de l’information et aider les citoyens à distinguer la véritable information des fausses nouvelles, dans un environnement numérique marqué par un désordre informationnel croissant.
» Cette formation m’a fait comprendre que lutter contre la désinformation n’est pas seulement l’affaire des journalistes. Chacun peut devenir un relais de la vérité dans son entourage « , conclut Ornella Kouanga, journaliste participante.














